Prologue, motivations

Je suis un privilégié. Un nanti. J’ai un diplôme d’ingénieur de niveau 1 d’une grande école encadré au mur, je suis mon propre patron, j’ai une grande famille recomposée qui vit très confortablement dans une maison de 200m² en grande banlieue parisienne avec un coupé sport garé dans le garage et une balançoire dans le jardin. D’après ce que me disent les médias dominants, je dois être heureux et me plaindre de payer trop d’impôts et de charges sociales. Une vie parfaite. L’idéal libéral de la classe moyenne supérieure.

Et pourtant, je ne dors plus.

Je ne dors plus parce que sur les belles diapositives remplies de courbes et d’indicateurs que je fais à mes clients, les humains avec lesquels je travaille tous les jours sont désignés comme « ressource » ou comme « coût » au même titre que la machine à café qui les fait tenir debout.

Je ne dors plus parce que l’évasion fiscale coûte chaque année plus que les intérêts de la dette du pays, mais que nos dirigeants préfèrent « renforcer les contrôles pour vérifier que les chômeurs cherchent bien un travail » (François Rebsamen, ancien ministre du travail)

Je ne dors plus parce qu’une loi contre les licenciements boursiers a été rejetée en Mai 2013 au motif que « la lutte contre ce type de licenciements était déjà engagée ». Mais depuis plus rien…

Je ne dors plus parce que « I am not dangerous » alors que « Mon véritable adversaire […] c’est le monde de la finance ».

Je ne dors plus parce que la seule chose qu’a réussi à faire la coqueluche des médias, l’homme nouveau, c’est d’ouvrir des lignes de bus, et de forcer des salariés à travailler quelques dimanches de plus sur la base du volontariat.

Je ne dors plus parce que nos dirigeants pensent que le volontariat existe réellement dans une entreprise.

Je ne dors plus parce que la Société générale nous doit 2.2 milliards d’euros depuis que la cour a acté que Jérôme Kerviel a été licencié « sans cause réelle et sérieuse ».

Je ne dors plus parce qu’elle avait touché ces 2.2 milliards d’euros en un temps record, sans aucune vérification ni expertise indépendante.

Je ne dors plus parce qu’une entreprise qui gagne de l’argent dans l’économie réelle peut mourir en quelques minutes sous les claviers de traders qui en ont décidé autrement dans leur monde virtuel.

Je ne dors plus parce que cet été, le 8 août, la Terre nous avait donné tout ce qu’elle pouvait pour cette année, et qu’on vit à crédit depuis déjà un mois. (et qu’on me rabache sans arrêt que les dettes c’est mal…).

Je ne dors plus parce que pendant que nous épuisions notre crédit de ressources naturelles annuelles, les médias nous expliquaient comment s’habiller à la plage quand on est un bon Français.

Je ne dors plus parce que les musulmans doivent s’excuser des agissements des terroristes alors que notre pays est censé être laïque.

Je ne dors plus parce que l’idée la plus répandue sur la laïcité, c’est qu’elle interdit les démonstrations religieuses dans l’espace public alors qu’il me semble que c’est l’inverse.

Je ne dors plus parce que je suis athée et que j’en ai assez qu’on me parle de religions.

Je ne dors plus parce qu’un ancien président de la république pense que la « tyrannie des minorités fait chaque jour davantage reculer la République ».

Je ne dors plus parce que parmi les deux principaux candidats à la primaire de la droite et du centre, l’un a été condamné à l’inéligibilité et l’autre est encore mis en examen.

Je ne dors plus parce que mon père s’est retrouvé handicapé après un accident, qu’il s’est fait licencier pour ce motif, et que l’inactivité l’a tué.

Je ne dors plus parce qu’aujourd’hui, grâce à la loi travail, ma mère n’aurait même pas pu l’accompagner car la durée de congé en cas de maladie ou de handicap d’un proche n’est plus garantie par la loi.

Je ne dors plus parce que si jamais je suis dans l’incapacité de travailler, mon statut de travailleur libéral ne me garantit plus aucun revenu.

Je ne dors plus parce que 60% des français ont déjà renoncé à des soins faute de moyen.

Je ne dors plus parce qu’à un moment de ma vie, j’ai eu une carte au PS. Et que j’y croyais.

Et tellement d’autres que la liste pourrait faire des dizaines de pages.

Mais aujourd’hui, les choses sont différentes. Je suis membre du Parti de Gauche et j’y ai rencontré des personnes portant un projet humain, qui remet les choses importantes au centre de la vie politique. La conjoncture est là, les étoiles sont alignées, il y a un Espoir.

J’ai donc décidé de consacrer mes insomnies à l’insoumission, et de soutenir activement la candidature de Jean Luc Mélenchon et le mouvement de la France insoumise. Vous trouverez sur ce blog des réflexions, de l’actualité, une tentative de décryptage de la société et des médias, tout ce qui me passe par la tête et m’empêche de dormir ou au contraire qui me fait faire des rêves pleins d’espoir. Je ne suis le porte parole que de ma pensée, mes propos n’engagent que moi.

En attendant, faites un tour sur http://www.jlm2017.fr/ pour lire le projet et dites moi ce que vous en pensez, c’est aussi un lieu de débat pour ceux qui partagent mes convictions comme pour les autres.

Et vous? Est-ce que vous dormez bien? Qu’est ce qui vous en empêche?

 

Christophe Argento

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